Conservation et protection

En apiculture conventionnelle, la sélection consiste à ne retenir que les ruches les plus performantes, en éliminant toutes les autres colonies. Cette sélection élitiste appauvrit fortement la biodiversité de l’espèce, dans tous les pays où elle est pratiquée. Au point où l’hypothèse est émise, que les gènes de résistance au varroa et à d’autres maladies ont été éliminés dans certains pays. Toute sélection devrait s’accompagner d’une conservation des colonies saines, pour maintenir une ressource génétique variée et durable, même si elles ne sont pas les championnes de l’année en rendement. Cette biodiversité garantit l’adaptation de l’espèce pour l’avenir. La sélection ne peut continuer que si la biodiversité de toutes les différentes sous-espèces d’abeilles est conservée.

Les abeilles dont les caractéristiques correspondent majoritairement à l’abeille noire locale, et qui peuvent servir de souches pour la multiplication, font l’objet d’un suivi régulier. Les ruches sont situées sur des terrains exposés le moins possible aux pollutions chimiques (usines, grandes cultures, etc.), que ce soit dans des zones protégées ou dans les ruchers de nos apiculteurs adhérents du conservatoire. Le type local de notre abeille noire s’étend approximativement sur la Région Centre, et les apiculteurs des départements correspondants sont naturellement concernés par nos actions.

Avec le soutien de l’URGC (Union pour la Ressource Génétique du Centre) le projet scientifique du Conservatoire, qui aboutira à la rédaction des protocoles de travail du conservatoire et de ses adhérents est en cours d’écriture.

Préservation et entretien de la biodiversité

L’abeille domestique locale, dite « noire », fait partie de la biodiversité à préserver. C’est parmi les abeilles mellifères une de celles qui visitent la plus grande diversité de plantes, et elle en est un agent pollinisateur généraliste. En conduite naturelle, elle est un indicateur de la santé des autres pollinisateurs. Elle contribue à la pollinisation et à la conservation de nombreuses espèces de plantes sauvages et cultivées.
Les abeilles mellifères ont été complètement détruites par la chimie agricole de certaines années, en France métropolitaine. Réintroduites par l’achat auprès d’élevages professionnels d’importations ou d’hybrides, ces nouvelles abeilles ont des caractères très différents des abeilles locales, et sont souvent issues des mêmes fratries. L’apiculteur doit alors les nourrir de plus en plus au sirop de glucose… vendu par les mêmes fournisseurs d’abeilles !

Pour faire illusion, l’abeille locale est parfois remplacée par des abeilles très hybridées. Les apiculteurs-commerciaux vantent alors une plus grande diversité génétique, due aux nombreuses origines des hybrides. En réalité, au sein des populations d’abeilles locales endémiques, la diversité est définitivement réduite par destruction ou remplacement de ses populations. Aucun apport de gènes ne peut « ressusciter » le patrimoine génétique disparu. C’est bien alors un remplacement génétique commercial qui a lieu, associé à une disparition de la biodiversité locale˜
Les actions de sélection et de conservation de l’abeille domestique noire sont indissociables de la préservation de son environnement. Malgré sa grande capacité d’adaptation, l’abeille a besoin d’une alimentation variée et naturelle pour bien se porter. Le système immunitaire se développe correctement avec la grande diversité des pollens consommés, pour chaque abeille et toute la colonie.
Ainsi les membres adhérents du conservatoire sont encouragés à informer les acteurs principaux de l’environnement que sont les agriculteurs, sur les choix des cultures et des techniques utilisées : rotations, types de semences, usage judicieux des produits phytosanitaires, etc. , pour le respect de tous les butineurs.

L’implantation de jachères mellifères est un apport très intéressant pour les insectes pollinisateurs et les abeilles. C’est même un apport durable sur plusieurs années lorsque des arbres, des arbustes ou des haies sont installés à proximité des ruchers : pollen, nectar, effet brise-vent… L’implantation d’une végétation pérenne est le choix à privilégier pour favoriser la vie des pollinisateurs, à moyen et à long terme.

Création de l’aménagement

Le conservatoire de l’abeille noire Val de Loire, Forêt, Sologne a été créé en 2009 aux alentours d’Orléans. Très vite il est apparu que la forte densité urbaine du Val, les pratiques agricoles et la densité de petits apiculteurs péri-urbains n’étaient pas favorables à la création de zones sanctuaires. C’est pourquoi le conservatoire a cherché des refuges naturels en zone forestière.

 

En forêt d’Orléans

Le conservatoire a passé contrat avec l’ONF pour établir un rucher en forêt domaniale.

 

En Sologne

Le conservatoire s’est rapproché du domaine national de Chambord, une enceinte forestière de plus de 5000 hectares, contigüe à la forêt domaniale de Boulogne, un massif de 3000 hectares.
Implanté en plein cœur de la forêt de Boulogne et localisé à proximité de Chambord, Le Prieuré de Boulogne accueille également les abeilles du conservatoire.

 

Dans les ruchers de nos adhérents

La plupart des adhérents du conservatoire sont des apiculteurs. Parmi leurs ruches un certain nombre sont peuplées d’abeilles noires encore peu métissées. Ils veillent à donner une ruche fille à mettre en conservation et à autoriser le greffage pour multiplication de ces souches.

Dans des milieux pauvres en nectar et en pollen comme les forêts les ruchers doivent être de petite taille (environ une quinzaine de ruches), ils sont disséminés à plusieurs km les uns des autres pour garantir la ressource et ne pas impacter les autres espèces pollinisatrices sauvages.

 

Nos choix de modèles de ruches : 

Pour la conservation nous avons adopté 2 modèles de ruches de petit format. La Dadant 6 cadres permet l’hivernage d’une colonie sans problèmes. Nous testons également la conservation en ruche Warré, avec hivernage sur un ou deux corps..

 

La construction des ruches : 

Leur fabrication a été confiée à un atelier artisanal de la Région Centre, les Ruches Rigault à Pannes (45). Le bois utilisé est du pin Sylvestre garanti d’origine locale, scié et séché sur place. Les plateaux utilisent des montants en chêne de la forêt d’Orléans. Elles sont solides et durables. Leur protection est assurée par une imprégnation à chaud dans un bain d’huile de lin bouillante réalisée par les bénévoles du conservatoire.

 

Une démarche bio volontaire : 

Le conservatoire ne produit pas de miel et pour le moment ne commercialise pas d’essaims. Mais par respect pour les abeilles il s’est engagé dans une pratique qui respecte le cahier des charges de l’agriculture biologique et il suit la voie qui mène à la certification.
Les points essentiels concernent les traitement anti-varroa, le nourrissement réduit à la stricte nécessité.

Partenariat apiculteurs

Chaque adhérent met à la disposition du conservatoire les souches génétiques intéressantes qui sont en sa possession. Soit par greffage, soit par division il fournit des lignées qui viennent compléter la diversité des ruchers de conservation. En échange, en cas de perte de cette lignée le conservatoire pourra lui rendre une ruche fille de celle qui est conservée.

La conservation de notre biodiversité locale est l’affaire de tous. Le conservatoire est en relation avec les associations locales qui fédèrent apiculteurs amateurs et professionnels :

En Loir et Cher avec le Syndicat des apiculteurs de Loir et Cher : http://www.syndicapicole41.org :  dans le Loiret avec le CETA Centre Loiret Gâtinais. Avec des ruchers dans plusieurs départements, le conservatoire est adhérent du Groupement de Défense Sanitaire du Centre qui coordonne la prophylaxie des ruchers en Région Centre : http://www.gdscentre.fr/index.php/abeilles